Dans la cuisine de Laura

Quand j’ai débarqué dans la cuisine de Laura, elle était penchée sur des canettes (pas de coca cola, non la femelle du canard), les épilant consciencieusement. Ca m’a paru incongru, un peu absurde et très poétique. Je l’ai regardée cuisiner, j’ai filé un coup de main, coupé des petits légumes en lui posant plein de questions.

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- Qu’est ce que tu fais de beau, Laura ?

Laura, elle est chef à domicile. Ca veut dire que si vous voulez organiser un dîner inoubliable aussi goûtu que dans un resto gastronomique, mais sans bouger de chez vous, si vous voulez le beurre et l’argent du beurre, vous faîtes appel à elle, et elle débarque avec un menu spécialement pensé pour vous, vos envies et le nombre de convives prévus. Elle ne cuisine que du bio, de saison et le plus local possible. C’est parfois compliqué, mais elle y tient. Elle a instauré une super relation avec les petits commerçants chez qui elle se fournit. Parce que Laura est une utopiste. Elle pense qu’on peut changer le monde à notre échelle. Et elle a raison d’y croire !

- Comment tu as appris ?

En regardant son père faire, en testant elle-même des idées. Et en faisant ses classes chez Ducasse pour apprendre la technique pendant quelques mois. Elle n’a pas voulu rester plus longtemps, de peur d’y être formatée, de perdre toute créativité, d’être pétrifiée par les règles culinaires.

- Et comment est né "Laura dans ta cuisine" ?

En revenant de Portland où elle a un grand projet pour la suite, notre chef préférée voulait gagner sa vie, mais elle trouvait le travail en restaurant ingrat et répétitif. Place à la créativité ! Elle décide de se lancer. Et ça a pris tout de suite. Des articles dans la presse, les demandes qui affluent. Et ce n’est que le début !

- Qu’est ce qu’on mange aujourd’hui ?

Alors aujourd’hui, Laura nous prépare 3 apéritifs qui ont tous l’air plus délicieux les uns que les autres : un sablé aux olives, une velouté petits pois menthe et un tartare de veau.

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Ca nous a mis l’eau à la bouche, donc on enchaîne avec deux entrées assez sophistiquées : une salade de petits légumes de saison à la truite crue, et un velouté d’asperge, oeuf basse température (trop facile et succulent), une chantilly au vin jaune et un crumble de chorizo. Ca a l’air compliqué comme ça, mais ça lui permet de trouver l’équilibre très plaisant entre le craquant et le onctueux, la douceur et l’acidité.

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Ensuite, on aura droit à ses fameuses canettes rôties avec des légumes cuits dans de la moelle  et du jus de whisky. Pour finir, en dessert, ce sera une jolie brioche sur infusion de fraise et caramel à l’olive. La boucle est bouclée, on retrouve l’olive du début. On est satisfait.

- Pourquoi c’est si joli ?

Laura vient du monde du cinéma. Elle a l’oeil et la fibre artistique. Comme un peintre, elle assemble les éléments sur l’assiette, elle compose le résultat final. Elle prévoit les enchaînements de goûts, les rencontres entre les saveurs et les couleurs. Elle se met en danger, teste, rate parfois. Mais elle considère surtout la cuisine l’art le plus complet qui soit : il fait appel à notre goût, notre odorat, notre toucher (les textures contre le palais), et notre vue. Laura m’explique qu’elle cuisine aussi avec ses oreilles, elle entend les aliments frissonner, chanter, frémir quand ils cuisent.

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- Et pour la suite ?

Retourner à Portland ! Monter une ferme écologique ! Vivre !

Tu va me manquer, Laura…

4 réflexions sur “Dans la cuisine de Laura

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