Les rivages heureux

Borgarnes, 2009

Lola REBOUD, Borgarnes, 2009

Mardi, j’ai rendu visite à la photographe Lola Reboud dans son atelier. À vrai dire, c’est plutôt son bureau, caché au fond d’une charmante allée pavée du XXème arrondissement. Parce que pour ses shootings, c’est ailleurs que ça se passe. Cette jeune femme qui a grandi à Marseille a la bougeotte : des études à Cergy (Beaux Arts) et Paris (les Arts Déco), un an à New York, un an à Tanger, trois mois au Japon, et de longs et réguliers séjours en Islande (2 îles ) dont elle est tombée amoureuse de la lumière, à toutes les saisons ! Elle aime partir pour mieux revenir, rencontrer ces lumières et des attitudes, prendre le temps d’apprécier une autre culture et de s’en imprégner. Bref une globe trotteuse comme on les aime.

La source (Akchour), septembre 2011

Lola REBOUD, La source (Akchour), septembre 2011

Ici et ailleurs, elle prend en photo des jeunes qui vaquent à leurs occupations, souvent au bord de l’eau. Elle ne m’en a pas parlé directement mais dans tous ses clichés, cela revient : il peut s’agir d’un fleuve (la Seine), d’une source au Maroc, d’un bain ritualisé (Onsen) au Japon, des calanques à Marseille, ou encore de l’humidité des steppes islandaises, l’eau est toujours présente, source de vie et d’activité. Les lieux ont souvent chez elle une double signification. Une colline verdoyante est en fait le fameux volcan qui avait immobilisé l’espace aérien européen pendant un mois, un parking fût jadis un haut lieu des mythologies vikings, sur les bords de Seine, des jeunes flirtent là où Louis XIV allait rejoindre sa maîtresse la marquise de Montespan. La topographie, les cartes, le dessin du lieu sont chez elle des préoccupations centrales dans lesquelles elle puise pour des projets en collaboration avec par exemple des géographes pour créer des foulards imprimés de cartes très créatives. J’aime bien ce fil directeur et cette double lecture qu’on peut faire de son travail.

Août 2012

Lola REBOUD, Août, 2012

Toutes les deux, on a beaucoup parlé de tirages, de variations de teintes, de saturation de la couleur (qu’elle fuit), de la difficulté de rendre le vert en tirage numérique. Elle m’a montré ses tirages d’expo, des photos à vendre, des éditions sur plusieurs papiers différents, des épreuves de lecture. Elle s’est fait l’oeil en regardant la peinture, auprès de photographes, à l’agence Magnum, mais aussi avec les laboratoires photo. Elle les a écoutés, a comparé, a exercé sa vision et ses choix. On s’est posé la question du format aussi. Elle tire des photos pour les plus grands formats en 80cm par 80cm mais apprécie aussi les petits tirages ou polaroids ou A4 plus intimes, qu’on peut transporter partout et peut exposer en ligne pour mieux les faire dialoguer.

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Et puis on s’est demandé toutes les deux, si on préférait galérer un peu mais faire ce qu’on aimait tout en acceptant quelques commandes moins séduisantes pour vivre, et comment on pouvait trouver notre compte dans ce genre de travail. Entreprenante, voyageuse, parfois un peu désabusée, mais connectée et créative, c’est le portrait d’une génération qui s’affine dans toute ces interviews !

Tanger, août 2011

Lola REBOUD, Tanger, août 2011

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