Espèces d’espaces

En ce moment je rédige des textes pour un catalogue et ça m’amène à rencontrer plein de jeunes artistes bouillonnant d’inspiration qui me parlent de leur travail, de leurs références, de leur pratique, mais aussi de la fin de leurs études aux Beaux-Arts et de leurs doutes. En tant que jeune commissaire, j’en partage un grand nombre, et je me retrouve assez dans leurs interrogations à propos du monde de l’art. Bref, c’est génial de discuter avec eux.

J’ai notamment rencontré Aline Aune, jeune félicitée de l’ENSBA, peintre de son état. Je vous livre ici un extrait de ce que j’ai écrit sur elle.

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Aline Aune, La cabane – la forêt, 2012, acrylique sur toile, ensemble de 22 toiles

Alors que s’alignent les petits formats représentant sous toutes les coutures une forêt ou un outil agricole, dont elle m’apprendra qu’il sert à tracer des sillons dans le sol (et ce détail aura son importance), nous sommes plongés dans une végétation, que de toute évidence la jeune peintre tente d’épuiser, de cerner, de capter. Zooms, plans plus larges, vues de haut, l’angle varie mais l’objet reste le même. D’un espace fini, elle propose une infinité de variations.

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Aline Aune, L’outil rouge, 2012, acrylique sur toile, ensemble de 12 toiles, 135 x 553 cm

Son œuvre a la poésie du quotidien propre à Pérec, son systématisme dans la description, cette quête de la transcription du presque rien, cette attention portée au lieu et à son essence. Figuratif dans son traitement, son travail est hautement conceptuel dans ses questionnements. Il déconstruit les cadres, joue avec les points de vue, module les espaces pour les recréer peu à peu.

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Aline Aune, La fenêtre, 2012, acrylique sur toile

A la manière de Mary Poppins et de son ramoneur à qui il suffit de dessiner à la craie un paysage fantasmé sur le sol et d’y sauter à pieds joints pour qu’il existe, Aline Aune fait advenir les espaces qu’elle peint. Elle les observe, les circonscrit, tente de les définir au mieux, sans en arrêter la forme pour autant. Work in progress son travail semble faire écho à notre façon actuelle de cerner la réalité sur Google Image : par parcellisation, ajouts et multiplications. S’affranchissant de la quête du chef d’œuvre, elle propose une vision de la peinture figurative qui me semble très contemporaine.

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